On continue le flashback qui n'en finit pas avec le sanctuaire de Fushimi Inari dans la banlieue de Kyôto. Mais avant de parler du sanctuaire, une petite explication sur Inari.

Inari c'est le dieu shintô des céréales, et plus particulièrement du riz. La majorité des plantations au Japon étant des rizicultures, vous comprendrez aisément l'importance de cette divinité, surtout à l'époque ancienne où posséder des rizières était synonyme de richesse. Ainsi, par extension, Inari est aussi devenu le dieu du commerce.

De nos jours, bien que le riz tienne une place très importante dans l'alimentation des japonais, la riziculture ne concerne plus autant de monde qu'avant. C'est donc plus pour sa protection des commerces que la divinité est adulée. Dans un sanctuaire de Inari, on croise toujours des renards, les messagers du dieu. Ces créatures ne représentent pas forcément un bon présage puisqu'elles aiment souvent jouer des tours aux humains en prenant la forme de jeunes femmes séduisantes ou de moines bouddhistes.

Il existe de nombreux sanctuaires dédiés à Inari au Japon, mais celui de Fushimi est le plus grand du pays, l'origine du culte de la divinité prenant sa source à ... Fushimi. Mais la plus grande particularité de ce sanctuaire c'est son nombre de torii. On m'avait conseillé lorsque je suis arrivée au Japon de me rendre à ce sanctuaire connu pour ses milliers de torii et je m'étais dit que mes interlocuteurs avaient dû exagérer un peu.


Entrée du sanctuaire


Un des messagers de Inari




C'est lorsque j'ai vu le plan que j'ai compris qu'ils n'avaient pas exagéré et qu'il y avait bien des milliers de torii dans l'enceinte du sanctuaire. Le parcours fait 4 km et il y en a environ pour 1h30/2h de marche à travers la montagne. Alors bien sûr il n'y a pas des torii tout le long du chemin, mais ça n'en reste pas moins impressionnant.



Point de départ


Manquait plus que ça, un embranchement ...


Sur le dos des torii sont inscrits le nom de la personne (en général une entreprise) à gauche, et la date d'implantation à droite. Par exemple sur la photo ci dessous, le premier date de 1994. Mais il y en a de bien plus anciens, datant du début du 20ème siècle. Pour info, un torii de taille standard coûte 1 300 000 yens, soit environ 8000 euros.




Si vous n'avez pas les moyens d'une entreprise qui souhaite se mettre le dieu Inari dans la poche pour faire prospérer ses affaires, il vous reste la solution du mini torii, disponible en plusieurs tailles. Aux milliers de grands torii se rajoutent donc des milliers de mini torii. Tant que j'y suis à parler de torii, le mot veut dire littéralement "là où sont les oiseaux", car à l'origine on tendait une corde entre deux arbres pour signifier l'entrée d'un lieu sacré. Et sur cette corde se posaient des oiseaux.










Les torii les plus anciens sont délavés par les intempéries


Parfois on croise un torii en pierre

En chemin nous sommes tombés sur un groupe d'ouvriers acheminant un pilier de torii. Pas de bol pour eux, il se trouvait tout en haut de la montagne.


En s'enfonçant dans les profondeurs de la foret, là où les rayons du soleil ne parviennent pas à réchauffer la terre, il restait de la neige de la veille alors qu'elle avait fondu partout ailleurs.





Evidemment je n'ai pas pu résister et ai acheté un torii