vendredi 13 juin 2008

Hikone la poisse

Aujourd'hui, vendredi 13 oblige, un récit bourré de malchance avec le dernier post des vacances de février. Souvenez vous, ça avait commencé avec la poisse de Kôbe. Pour bien faire les choses on a donc fini par une journée de poisse bien pire que la première. Surtout que là on n'y pouvait (presque) rien.

Déja à la base on n'était même pas sensés aller à Hikone mais à Amanohashidate, une langue de sable blanc faisant partie des 3 plus beaux sites du Japon située au nord de Kyôto. Sur le papier c'était simple, il fallait prendre un train nommé non pas désir mais Tango Discovery (encore que finalement il s'est fait désirer ...). C'est le seul train direct permettant d'y aller, sinon il faut se taper 50 changements.

A la gare de Kyôto donc, nous cherchons désespérément le Tango Discovery, mais rien, que dalle. Je vais donc demander à un employé de la gare de m'indiquer où il se trouve et après quelques tours en rond on met plus ou moins la main dessus : on aperçoit un panneau derrière la barrière de validation des tickets. Maintenant qu'on a trouvé le point d'embarquement, faut acheter le billet.

Sauf que manque de bol, des directs y'a l'air d'y en avoir un par jour. On nous propose donc un itinéraire avec multiples changements et qui part dans quelques heures. Mais qu'est ce que c'est que ce bordel ? Personne y va au plus beau site du Japon avec Miyajima et l'archipel d'îles je sais plus où ? On se rabat donc sur la solution de secours, aller à Hikone où il y a un chateau et faire un tour au bord du lac Biwa vu que, la vie est bien faite, c'est au bord du lac.

Alors le lac Biwa, il est grand, très grand. Hikone se trouve sur la rive Est du lac, on arrive de Kyôto par le Sud. On vérifie donc bien avant de monter dans le train qu'il part bien dans le bon sens histoire de pas faire le tour du lac. Sauf qu'on n'a toujours pas compris ce qu'il s'est passé, le train a longé la rive Ouest et s'est arrêté au Nord, et là il a fallu qu'on prenne un train pour longer l'autre rive pour aller à Hikone.

Mais ce n'est pas tout ! Il y a eu tout un tas de soucis techniques que je n'ai pas très bien compris (ça parlait de police, d'équipe de secours, de tremblements de terre et de travaux, on se serait cru dans un film de Godzilla), par contre ce que j'ai très bien compris c'est qu'on allait rester bloqués longtemps. Très longtemps. Et plusieurs fois. Résultat au lieu de rejoindre Hikone en 46 minutes, on a mis pas loin de 4 heures ...

Alors forcément, arrivés à Hikone, le soleil commençait déja à se coucher et lorsque nous sommes arrivés à l'entrée du château, ils étaient en train de fermer la billeterie ... Heureusement le paysage du lac Biwa et de ses alentours est magnifique, surtout qu'il restait à certains endroits pas mal de neige tombée deux jours avant. Par contre prendre des photos d'un train en marche, c'est pas toujours évident ...


Ah zut !


Mais ...


Gnnnn c'est pas vrai ça !


Bon sang mais dégage le poteau !


Enfin ... Raaaah saleté de reflet !














Le bout du tunnel, enfin !


Bienvenue à Hikone, ville jeune et dynamique !


On n'en verra pas plus du château ...


Que serait un récit de voyage ...


... sans le traditionnel coucher de soleil marquant la fin ?








Hikonyan, la mascotte de Hikone


*** BONUS ***

Vous vous ennuyez quand vous êtes aux toilettes ? (ce message s'adresse particulièrement aux lecteurs masculins). Le Japon a la solution pour vous : le papier toilettes à motifs ! Bon là c'est pour les enfants, mais il existe aussi des versions avec recettes de cuisine (faut bien remplir ce qu'on est en train de vider), idéogrammes japonais ou même mangas.


Apprends l'anglais en t'essuyant t'amusant !

mardi 10 juin 2008

Kyôto la zen

Aujourd'hui, avant dernier post sur le séjour de février, on en voit le bout ! Une journée sous la pluie avec tout d'abord le Sanjûsangendô, un temple construit au 12ème siècle et reconstruit le siècle suivant pour cause d'incendie. Le bâtiment principal mesure 125 mètres de long et contient entre autres 1001 statues de Kannon alignées au millimètre près. Le long de ce bâtiment se tient aussi tous les ans une compétition de Kyûdô (tir à l'arc traditionnel) datant du 17ème siècle. Les concurrents s'affrontent pendant 24 heures d'affilées en tirant à une distance de plus de 120 mètres le long du bâtiment (la distance habituelle est de 28 m). Le recordman est Wasa Daihachirô qui décocha 13053 flêches et qui atteint 8133 fois la cible.


Le looooooooooong bâtiment principal



Photos interdites à l'intérieur ... vive les cartes postales !

Direction ensuite le quartier de Gion et plus précisément le temple de Kennin-ji. Fondé au 13ème siècle, c'est le premier temple zen du Japon. Chose rare pour un temple, les photos en intérieur étaient autorisées, probablement parce qu'il n'y avait pas de statues représentant des divinités bouddhiques. Et qui dit temple zen dit jardin zen avec ses petits cailloux qui forment des vagues et ses gros cailloux qui forment des îles (dit comme ça c'est tout de suite moins poétique).









Plafond peint en 2002 pour fêter les 800 ans du temple


mardi 3 juin 2008

Kyôto la rusée

On continue le flashback qui n'en finit pas avec le sanctuaire de Fushimi Inari dans la banlieue de Kyôto. Mais avant de parler du sanctuaire, une petite explication sur Inari.

Inari c'est le dieu shintô des céréales, et plus particulièrement du riz. La majorité des plantations au Japon étant des rizicultures, vous comprendrez aisément l'importance de cette divinité, surtout à l'époque ancienne où posséder des rizières était synonyme de richesse. Ainsi, par extension, Inari est aussi devenu le dieu du commerce.

De nos jours, bien que le riz tienne une place très importante dans l'alimentation des japonais, la riziculture ne concerne plus autant de monde qu'avant. C'est donc plus pour sa protection des commerces que la divinité est adulée. Dans un sanctuaire de Inari, on croise toujours des renards, les messagers du dieu. Ces créatures ne représentent pas forcément un bon présage puisqu'elles aiment souvent jouer des tours aux humains en prenant la forme de jeunes femmes séduisantes ou de moines bouddhistes.

Il existe de nombreux sanctuaires dédiés à Inari au Japon, mais celui de Fushimi est le plus grand du pays, l'origine du culte de la divinité prenant sa source à ... Fushimi. Mais la plus grande particularité de ce sanctuaire c'est son nombre de torii. On m'avait conseillé lorsque je suis arrivée au Japon de me rendre à ce sanctuaire connu pour ses milliers de torii et je m'étais dit que mes interlocuteurs avaient dû exagérer un peu.


Entrée du sanctuaire


Un des messagers de Inari




C'est lorsque j'ai vu le plan que j'ai compris qu'ils n'avaient pas exagéré et qu'il y avait bien des milliers de torii dans l'enceinte du sanctuaire. Le parcours fait 4 km et il y en a environ pour 1h30/2h de marche à travers la montagne. Alors bien sûr il n'y a pas des torii tout le long du chemin, mais ça n'en reste pas moins impressionnant.



Point de départ


Manquait plus que ça, un embranchement ...


Sur le dos des torii sont inscrits le nom de la personne (en général une entreprise) à gauche, et la date d'implantation à droite. Par exemple sur la photo ci dessous, le premier date de 1994. Mais il y en a de bien plus anciens, datant du début du 20ème siècle. Pour info, un torii de taille standard coûte 1 300 000 yens, soit environ 8000 euros.




Si vous n'avez pas les moyens d'une entreprise qui souhaite se mettre le dieu Inari dans la poche pour faire prospérer ses affaires, il vous reste la solution du mini torii, disponible en plusieurs tailles. Aux milliers de grands torii se rajoutent donc des milliers de mini torii. Tant que j'y suis à parler de torii, le mot veut dire littéralement "là où sont les oiseaux", car à l'origine on tendait une corde entre deux arbres pour signifier l'entrée d'un lieu sacré. Et sur cette corde se posaient des oiseaux.










Les torii les plus anciens sont délavés par les intempéries


Parfois on croise un torii en pierre

En chemin nous sommes tombés sur un groupe d'ouvriers acheminant un pilier de torii. Pas de bol pour eux, il se trouvait tout en haut de la montagne.


En s'enfonçant dans les profondeurs de la foret, là où les rayons du soleil ne parviennent pas à réchauffer la terre, il restait de la neige de la veille alors qu'elle avait fondu partout ailleurs.





Evidemment je n'ai pas pu résister et ai acheté un torii

lundi 2 juin 2008

Kyôto l'enneigée

Le 23 février au soir, pour la deuxième et dernière fois de l'année, il a commencé à neiger à gros flocons sur Kyôto et ses environs. C'est donc avec l'espoir que la neige avait tenu que nous nous sommes levés le lendemain matin. Malheureusement même s'il neigeait encore, le temps s'était bien radouci et la neige commençait déja à fondre. C'est donc en catastrophe que nous nous sommes rendus à trois des grands lieux de Kyôto : le Kinkakuji, le Ginkakuji et Arashiyama.

En arrivant au Kinkakuji, la neige était encore assez présente et il était assez difficile de sillonner entre les nombreux touristes, en majorité japonais, qui s'étaient rués pour prendre le Kinkakuji sous la neige.







Après avoir fait le tour en vitesse, nous nous sommes rués sur le bus faisant la liaison entre le Kinkakuji et le Ginkakuji. Et là, mauvaise surprise : le Ginkakuji est en travaux et entouré d'échafaudages ! Et rien ne nous prévenait à l'entrée. Même pas une petite réduction sur le prix d'entrée alors que la visite était complètement ruinée. Moi qui rêvais de photos du Ginkakuji sous la neige, je suis vraiment tombée de haut ... Le pire c'est qu'en y retournant en avril, j'ai appris que les travaux avaient commencé un jour ou deux avant que nous y allions (ce qui explique qu'à ce moment là il n'y avait pas encore de panneau), nous n'avons donc vraiment pas eu de chance ...









Les souris de neige n'ont pas suffit pas à nous consoler

C'est donc très déçus que nous nous sommes rendus à Arashiyama où la neige avait malheureusement presque complètement disparu. Sur place nous avons aussi trouvé quelques pruniers en fleurs.













vendredi 30 mai 2008

Kyôto la pieuse

Retour aux vacances de février que je n'ai toujours pas fini de raconter. Un jour j'arriverai enfin au bout ... Aujourd'hui rien de nouveau, le programme de la journée se résumait au Kiyomizudera et ses environs, coin que j'ai maintes fois montré ici. Pour briser un peu la routine, je vous propose de l'inédit et a priori après ce post vous ne devriez plus jamais en entendre parler, sauf événement exceptionnel.

On commence par le mémorial de Ryozen Kannon, mémorial dédié aux victimes de la seconde guerre mondiale tous pays confondus.



On a la possibilité de rentrer à l'intérieur de la statue de Kannon où se trouvent des statues de divinités bouddhiques, dont les 12 divinités correspondant aux signes du zodiaque (souris, chien, sanglier, mouton, coq, dragon, lapin, boeuf, cheval, tigre, singe et serpent).



Je me rends compte que je n'ai jamais parlé des jizô, ces petites statues de pierre que l'on retrouve souvent dans les temples.

A la base, Jizô est une divinité bouddhique protégeant les voyageurs, c'est pourquoi il n'est pas rare de croiser une statue de lui au bord des routes. Il est aussi le protecteur des enfants, c'est pourquoi on retrouve dans les temples des statues de Jizô pour chaque enfant mort. En général ces statues sont pour les très jeunes enfants ou pour les avortements. Les parents achètent une statue au temple, au dos de laquelle sera gravée le nom de l'enfant, et y ajouteront s'ils le souhaitent des objets personnels comme une tasse, un bavoir, un jouet, ...




Autre grand classique des temples (et des sanctuaires), le rituel du temizu (littéralement le "lavage des mains") que l'on effectue avant d'entrer dans un temple pour se purifier. On prend le hishaku (petite casserole à long manche) de la main droite et on la remplit. On verse un peu d'eau dans la main gauche, on prend le hishaku dans la main gauche pour laver la main droite, puis on verse un peu d'eau dans la main gauche pour la mettre en bouche puis la recracher. Enfin on se lave à nouveau la main gauche et on vide ce qu'il reste d'eau avant de reposer le hishaku.


temizu


Les pruniers commencent à fleurir


Puisage de l'eau pure du Kiyomizudera



Les jizô du Kiyomizudera

Dans l'enceinte du Kiyomizudera se trouve le sanctuaire de Jishu, un sanctuaire qui abrite le dieu de l'Amour. Forcément, il a beaucoup de succès chez les jeunes filles qui dépensent une fortune en porte bonheur, ema (plaquettes à voeux), ...



Le dieu de l'Amûr et son messager, un lapin


Un des rituels de ce sanctuaire consiste en écrire le nom de la personne aimée (et le sien ?) sur un papier en forme de bonhomme et de le mettre à flotter dans un baquet rempli d'eau



Un survivant ne va pas tarder à couler et à rejoindre ses camarades au fond du baquet



Une des deux pierres de l'Amour



Mur de ema



Pour rejoindre la gare de Kyôto en rentrant du Kiyomizudera il faut passer la rivière, et sur cette rivière on trouve beaucoup de volatiles de toutes sortes. C'est une des raisons pour laquelle j'aime Kyôto. On peut se poser au bord de la rivière, observer cette faune et oublier que nous sommes dans une ville de plus d'un million d'habitants.






Une aigrette feignasse attend patiemment une prise


Et sa patience est récompensée